Les tropes de la romance

Commençons par le drame linguistique du jour : trope est un mot masculin. UN trope. Un. Masculin. Personnellement je le dis comme ça, ça ne me pose aucun problème, mon cerveau ne bugue pas.

Mais je comprends parfaitement celles et ceux qui disent « une trope » (90% des personnes environ). Parce que soyons honnêtes deux minutes : ça glisse mieux dans la phrase. « Ma trope préférée », ça a une petite musique. Et je ne vais pas jeter la pierre à qui que ce soit là-dessus, vu que dans mon propre roman j’ai écrit LA battle. En toute connaissance de cause. (C’est moi qui décide. Et dans La Mano, on a toujours dit comme ça.)

Bref. Trope est masculin, je le dis au masculin, et ensuite chacun et chacune fait ce qu’il ou elle veut.

Alors c’est quoi, un trope ?

À l’origine, le mot vient de la rhétorique : une figure de style, un détournement du sens propre d’un mot. Passionnant, mais pas ce qui nous intéresse ici.

Dans la fiction, et surtout en romance, un trope, c’est un motif narratif récurrent. Une situation, une dynamique, un dispositif de départ qu’on retrouve d’un livre à l’autre et que les lecteurs et lectrices reconnaissent immédiatement. C’est le squelette, pas la chair.

Lire de la romance les tropes

Ce que le trope n’est pas :

  • Un cliché. Le cliché est une exécution paresseuse. Le trope est une promesse. La différence tient entièrement dans ce qu’on en fait.
  • Un genre. La dark romance est un genre, l’enemies to lovers est un trope. On peut faire de l’enemies to lovers en romcom pastel comme en dark romance qui pique.
  • Un spoiler. Annoncer un trope, ce n’est pas révéler l’intrigue. C’est signer un contrat : voilà le voyage émotionnel que je te propose.

Parce que c’est ça, le vrai rôle du trope en romance. On ne lit pas une romance pour savoir si ça va marcher entre eux. On sait que ça va marcher : une fin heureuse en romance, HEA ou HFN, fait partie du contrat.

). On lit pour savoir comment, et surtout pour ressentir un truc précis. Le trope, c’est l’étiquette sur le bocal.

Quelques tropes, et ce qu’ils promettent vraiment

Enemies to lovers. Ils se détestent, puis non. La promesse : la tension, les piques, le moment où l’insulte devient de la tendresse (oui, je sais, c’est bizarre dit comme ça mais les vrais savent). Ce qu’on vient chercher : la bascule.

Friends to lovers. Ils sont amis depuis toujours, l’un des deux craque. La promesse : le vertige de tout risquer, l’angoisse du « et si je perds tout ». Ce qu’on vient chercher : la tendresse et le pincement au cœur.

Forced proximity (la proximité forcée) Une seule chambre, une tempête de neige, un ascenseur en panne, un road trip mal calibré. La promesse : ils ne peuvent pas fuir, donc ils vont devoir se parler. Ce qu’on vient chercher : la montée de tension par l’espace réduit.

Fake dating. On fait semblant pour le mariage, la famille, le contrat. La promesse : le moment où l’un des deux ne fait plus semblant. Ce qu’on vient chercher : le mensonge qui devient vrai sans qu’on sache exactement quand.

Seconde chance. Ils se sont aimés, ils se sont ratés, ils se retrouvent. La promesse : le passif, les non-dits, la réparation. Ce qu’on vient chercher : la douleur, franchement.

Grumpy / Sunshine. L’ours et le rayon de soleil. Et attention, rien n’oblige à ce que l’ours soit un homme : une héroïne grumpy face à un héros sunshine, ça existe, c’est juste plus rare. La promesse : le contraste, l’adoucissement progressif. Ce qu’on vient chercher : le moment où le ou la grumpy sourit uniquement pour l’autre.

Age gap. L’écart d’âge et tout ce qu’il charrie de déséquilibre, de regard des autres, de « on ne devrait pas ». La promesse : le poids de l’interdit social. Ce qu’on vient chercher : la légitimité conquise.

Slow burn. Techniquement plus un rythme qu’un trope, mais tout le monde le range là et je ne vais pas me battre. La promesse : l’attente. Ce qu’on vient chercher : la frustration délicieuse et la récompense méritée.

Définition des tropes de la romance

En bref

Un trope, c’est un motif narratif qu’on reconnaît d’un livre à l’autre. Ce n’est ni un cliché, ni un genre, ni un spoiler : c’est une promesse faite au lecteur ou à la lectrice avant même la première page. 

Et si vous voulez le dire au féminin, allez-y, je ne dirai rien. J’ai LA battle sur la conscience.

Maintenant que les tropes sont moins mystérieux, reste une question : quel sous-genre de romance est fait pour toi ?

Ombre Amara

Ombre Amara

Autrice de romances urbaines, avec des mecs durs qui surprennent par leur loyauté et des blessures qu’il faudra affronter.